La façade du Grand Palais à Paris, surmontée d’un drapeau français, sous un ciel bleu
Grand Palais, Paris. Photo : Miraxh Tereziu, Unsplash

Cette semaine, une bonne partie du monde de l'art a rendez-vous à Paris. Du vendredi 23 au dimanche 25 octobre 2026, la foire Art Basel Paris ouvre sa cinquième édition au Grand Palais. Elle réunit 211 galeries venues de 41 pays et territoires. Pour un artiste, un collectionneur ou un simple curieux du Vaucluse, c'est l'occasion de prendre le pouls de l'art contemporain, et de comprendre pourquoi Paris est redevenu une place qui compte.

Une foire qui a pris la place de la FIAC

L'histoire est récente. En 2022, le groupe Art Basel lance à Paris une foire baptisée « Paris+ par Art Basel ». Elle remplace la FIAC, la Foire internationale d'art contemporain, qui occupait depuis près d'un demi-siècle le créneau d'octobre au Grand Palais. D'abord installée dans un bâtiment provisoire près de la tour Eiffel, la foire prend le nom d'Art Basel Paris en 2024. Elle se tient désormais au Grand Palais.

L'édition 2026 est la première sous la direction de Karim Crippa. Dans l'annonce de la liste des exposants, il explique : « Art Basel Paris a grandi, édition après édition, pour devenir une véritable composante du tissu culturel de cette ville. » Et il fixe un cap : « continuer à consolider cette plateforme, façonnée par la ville, pour la ville ». En 2025, selon Time Out, la foire avait accueilli plus de 73 000 visiteurs.

Ce que l'on verra dans la nef

Selon Art Basel, plus de 60 exposants ont une adresse en France, et près de 30 galeries participent pour la première fois. Au-delà de l'Europe, elles viennent notamment des États-Unis, de Chine, du Japon, de Corée du Sud, du Brésil, du Mexique, du Liban, d'Afrique du Sud, du Nigeria, de Côte d'Ivoire ou de Tunisie.

La foire est organisée en trois secteurs.

  • **Galeries**, le cœur de la foire, dans la grande nef. On y croise des maisons comme Gagosian ou Perrotin. Cette année, un record de douze stands sont partagés entre deux galeries, qui y font dialoguer leurs artistes : Beauford Delaney et Alteronce Gumby, ou encore Anna Uddenberg et Franz West, cite le site Arts in the City.
  • **Emergence**, réservé aux jeunes galeries : seize stands installés sur les balcons qui dominent la nef, chacun consacré à un seul artiste.
  • **Premise**, dont c'est la troisième édition : douze galeries autorisées à montrer aussi des œuvres antérieures à 1900. On y attend notamment Derek Jarman, Vera Molnár et Jacqueline Lamba.

Le vendredi 23 et le samedi 24 octobre revient aussi « Oh La La! », un programme imaginé par la foire, pendant lequel des galeries renouvellent leur accrochage. Selon le magazine Ocula, il est placé cette année sous le thème « Mythes et légendes », avec Philippine Leroy-Beaulieu comme directrice artistique, et des œuvres d'Ossip Zadkine ou de Nina Childress.

Des œuvres dans la ville

La foire déborde du Grand Palais. Time Out signale l'exposition « Geste de consolation » d'Alice Diop au Palais d'Iéna, trois bronzes géants de Tracey Emin sur le parvis du Trocadéro, et l'installation vidéo *Küba* de Kutluğ Ataman, quarante écrans, aux Beaux-Arts de Paris. Ocula mentionne aussi une enseigne au néon de Marcello Maloberti, *Ciel*, avenue Winston-Churchill, et le *Love Wall* de Robert Indiana place Clemenceau.

Plusieurs musées parisiens accrochent au même moment des expositions qui entrent en écho avec la foire, selon Ocula : Mary Cassatt et Jenny Holzer au musée d'Orsay, Simone Fattal au musée d'Art moderne de Paris, Prune Nourry et Eva Gonzalès au Petit Palais, Louise Bourgeois à la Bibliothèque nationale de France.

Côté rencontres, l'auditorium du Grand Palais accueille des conversations. Parmi elles, Christophe Leribault, nouveau directeur du Louvre, dialogue avec Claire Chazal.

Un marché français en forme

Si Paris attire, c'est aussi parce que son marché se porte bien. Selon le rapport Art Basel et UBS sur le marché de l'art, cité par la foire, les ventes en France ont atteint 4,5 milliards de dollars en 2025, en hausse de 9 % sur un an. La France pèse 8 % du marché mondial : quatrième pays du monde, premier de l'Union européenne.

Le rapport annuel d'Artprice sur l'art contemporain, publié début octobre, va dans le même sens. Entre juillet 2025 et juin 2026, le montant des ventes aux enchères d'art contemporain a progressé de 22 % en France, et le nombre de transactions de 18 %. La France se classe troisième au monde en nombre de lots vendus, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni.

Infos pratiques

  • **Dates** : du vendredi 23 au dimanche 25 octobre 2026, de 11 h à 19 h. Les 21 et 22 octobre sont des journées d'avant-première, avec un vernissage le jeudi 22.
  • **Lieu** : Grand Palais, avenue Winston-Churchill, Paris 8e. Métro Champs-Élysées-Clemenceau.
  • **Tarifs** : 47 € le billet plein tarif, 30 € le tarif réduit. Entrée gratuite pour les moins de 12 ans, selon Time Out. Billets en vente sur le site d'Art Basel.

Et depuis le Vaucluse ?

On n'a pas besoin de monter à Paris pour voir de l'art vivant : galeries associatives, chapelles et ateliers du Vaucluse exposent toute l'année. Mais une foire comme celle-ci donne la température de l'époque, et dit quels gestes, quels matériaux et quelles histoires intéressent aujourd'hui les galeries. Retrouvez les artistes du territoire dans notre rubrique art. Et si vous êtes artiste en Vaucluse ou en Terre de Provence, racontez-nous votre travail.

Sources