Des rangs de vigne devant un mas et les montagnes du Luberon, sous un ciel bleu
Vignes à Lourmarin, dans le Luberon. Photo : Rich Martello, Unsplash

Dans un verre de Gigondas, de Ventoux ou de Châteauneuf-du-Pape, il y a rarement un seul raisin. Le sud de la Vallée du Rhône est une terre d'assemblage : le vigneron compose avec plusieurs cépages comme un peintre avec sa palette. Pour lire une étiquette du Vaucluse, ou pour poser les bonnes questions lors d'une visite de domaine, voici ce que chacun apporte.

Des grappes de raisin noir mûr entre des feuilles de vigne d'automne
Grappes mûres à l’automne. Photo : Anthony Ievlev, Unsplash.

Le grenache, colonne vertébrale du sud

Le grenache noir est le cépage roi des rouges et des rosés du sud de la vallée. Il donne aux vins de la chair, de la chaleur et des notes de fraise. Avec les années, ses tanins se fondent et laissent place à des arômes de garrigue, d'épices et de poivre. C'est lui qui donne aux vins du Vaucluse leur caractère solaire.

La syrah, la couleur et la tenue

La syrah apporte ce que le grenache n'a pas toujours : de la couleur, de la structure, des fruits rouges et noirs, des notes de violette et d'épices. Au pied du Ventoux, où l'altitude et la fraîcheur des nuits ralentissent la maturité, les syrahs du millésime 2025 sont décrites par l'appellation comme colorées et finement structurées.

Le mourvèdre, la profondeur

Le mourvèdre donne des vins très colorés et fermes, au nez de poivre et de fruits noirs. En vieillissant, il évolue vers la truffe, le cuir et le gibier. Il demande de la chaleur, et il apporte à l'assemblage sa capacité à traverser le temps.

Le cinsault, la fraîcheur et le fruit

Fruité, peu acide, aux tanins souples, le cinsault allège les assemblages. Inter Rhône le présente comme particulièrement adapté aux rosés de saignée et aux vins primeurs, ceux qui se boivent jeunes.

Et les blancs ?

Les blancs du sud sont, eux aussi, des assemblages : grenache blanc, clairette, marsanne, roussanne et viognier. À Gigondas, les blancs du millésime 2025, notamment ceux de clairette, ont été décrits avec des notes de pamplemousse et de fenouil.

Des vendangeuses courbées dans une vigne aux feuilles rouges, sous un soleil couchant
Vincent van Gogh, La Vigne rouge, 1888, peinte près d’Arles (domaine public, Wikimedia Commons).

L'assemblage, un savoir-faire de vigneron

Assembler, c'est choisir la part de chaque cuve pour trouver un équilibre : le grenache pour la chair, la syrah pour la couleur, le mourvèdre pour la tenue. Ce savoir-faire est si attaché au Rhône que les producteurs du Nouveau Monde parlent de « Rhône blend » pour désigner les vins de ce style. La Vallée du Rhône compte au total 37 cépages, et la liste évolue : le marselan a récemment été ajouté pour les rouges, et les règles des appellations s'adaptent au climat.

Un peu d'histoire : Châteauneuf-du-Pape, berceau des AOC

C'est à Châteauneuf-du-Pape que le baron Le Roy, vigneron, obtient en 1933 l'appellation d'origine contrôlée. Ce premier cahier des charges a servi de modèle à tous les décrets d'AOC qui ont suivi, et le baron Le Roy a ensuite présidé l'INAO de 1947 à 1967.

Ce qu'a donné 2025

Le dernier millésime connu est qualifié par Inter Rhône de très bon, avec des volumes plus faibles que les années précédentes. À Gigondas, les vendanges se sont étalées du 15 septembre au 5 octobre selon les cépages, plus tard que dans d'autres appellations, et les premiers vins rouges écoulés montraient des degrés modérés et des tanins mûrs et soyeux. Au Ventoux, les rendements sont restés modérés et les grenaches s'arrondissent pendant l'élevage.

Envie de rencontrer celles et ceux qui font ces vins ? Retrouvez nos vignerons et les communes du territoire. Et si vous êtes vigneron en Vaucluse ou en Terre de Provence, racontez-nous votre domaine.

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Sources